“J’agis comme s’il me restait juste un an à vivre / Je tente de rester dans le moment présent quoi qu’il arrive”

- Cargo Culte, A Year to Live

Cargo Culte - Les temps modernes (critique)

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Super groupe formé de trois titans de la scène locale montréalaise - Eric Brousseau (Gatineau),  Alex McMahon (Plaster, Yann Perreau) et Jean-François Lemieux (Jean Leloup, Daniel Bélanger), Cargo Culte frappe dans le mille avec ce premier album offrant un hip hop mâtiné de rock et d’électro, plus près de ce que proposaient les Beastie Boys ou Rage Against the Machine dans les années 1990 que des courants actuels qu’empruntent le genre. Très rythmées, les 10 pièces réunies ici s’enchaînent sans répit et donnent l’effet d’un rouleau-compresseur. On peut imaginer tout l’impact que Cargo Culte aura en spectacle! Au niveau des textes, certains brossent un portrait de la société dans laquelle on vit, alors que d’autres sont davantage ancrés dans la sphère personnelle. Dans tous les cas, Brousseau manient les mots avec brio pour raconter des histoires captivantes qui évitent les clichés.

Lancement ce mardi 30 avril aux Katacombes!

 

“The soul can be strengthened, just like a muscle. Soulstriker preys on the dark corners of the soul, so you must harden your heart with happiness.”

- Jason Aaron, WOLVERINE: MANIFEST DESTINY

Caféïne - New Love (critique)

Quatre ans après BushidoXavier Caféïne récidive avec un nouvel album presque entièrement anglophone, où il chante principalement à propos d’une intense peine d’amour sur des mélodies et des rythmes qui n’ont toutefois rien de déprimant. L’énergie est plutôt punk, les sonorités sont souvent New Wave (des murs de claviers!), tout en s’ancrant bien dans les mouvances du rock indie des années 2000. Le tout est très accrocheur et senti, de quoi plaire aux fans de longue date (j’en suis) autant qu’aux néophytes.

Lancement ce mardi, 23 avril aux Foufounes Électriques (5 à 7)

Inspiration: Will Driving West’s Better Lands

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Sail away from the cries of your cynical thoughts

Sail away from the hurry to prove them wrong

Sail away from the voices who can’t help but bring you down

Let them think they know something, then sail away

Sail away from the lands where your dreams seem unreal

Sail away to where you don’t have to do, where you only have to be


Sail away from the striving, sail away from the struggle


Sail away to the heavens, they’re right here in your hands


Sail away to better lands

Sail away from the cries of your cynical thoughts

Sail away from the hurry to prove them wrong

Sail away from the voices who can’t help but bring you down

Let them think they know something, then sail away.

Sail away from the lands where your dreams seem unreal

Sail away to where you don’t have to do, where you only have to be


Sail away from the striving, sail away from the struggle


Sail away to the heavens, they’re right here in your hands


Sail away to better lands

http://willdrivingwest.bandcamp.com/track/better-lands

Mimi VanDerGlow: S’aimer tout croche

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En 2009, lors de l’année que j’ai passée à Trois-Rivières, ville de mon enfance où j’étais retourné afin de remplacer la rédactrice en chef du Voir Mauricie pendant son congé de maternité, j’ai fait plusieurs formidables découvertes musicales, notamment les alors méconnus Ingrid St-Pierre et Antoine Corriveau.

Et puis il y a eu Mimi VanDerGlow, un groupe que j’ai vu en spectacle une demi-douzaine de fois et dont le premier album RADAWR a beaucoup tourné chez moi pendant cette année en sol trifluvien. Bien que j’aime tous les genres musicaux, du country au hip hop en passant par la pop, j’ai quand même toujours eu un faible pour le rock, et c’est ce que nous offre le quatuor, de façon franche et directe.

C’est ce que je peux apprécier à nouveau aujourd’hui alors que je viens de télécharger S’aimer tout croche, le tout nouveau disque de Mimi VanDerGlow. On y retrouve 8 morceaux qui vont droit au but, tant musicalement qu’au niveau des textes. Une simplicité qui rime avec efficacité pour un band qui se réclame sans ironie des piliers du rock québécois qu’étaient Corbeau.

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Beaucoup d’explosions de guitare, de basse et de batterie ponctuent cet album qui carbure aux riffs bien lourds, aux solos sentis et aux bridges instrumentaux particulièrement relevés.

Côté paroles, on remarque une forte mélancolie, teintée de nostalgie pour un passé pas si lointain mais qui s’éloigne un peu plus chaque jour, alors que le temps passe et que les années s’accumulent au compteur. 

“La vie adulte est une thermopompe qui me donne froid dans le dos”, chante Carl Hébert dans Plus je crie, le morceau qui démarre l’album sur les chapeaux des roues. Un peu plus loin, dans l’intense Entier, il affirme que “Vieillir me casse les reins”, alors que dans Revenir au début, il se demande “Comment on fait pour revenir au début / J’ai tellement pris de détours, maintenant je l’sais plus.” Enfin, dans la puissante S’aimer tout croche, il fait la confession suivante: “J’ai peur de tomber dans un pattern / Et de ne plus jamais m’arrêter de tourner en rond”…

J’ai été beaucoup touché par l’écoute de ce 2e album de Mimi VanDerGlow. Du bon rock qui fait réfléchir, que demander de plus?

S’aimer tout croche est en vente sur CD Baby au bas prix de 7,00$

Mimi VanDerGlow sera en spectacle au Nord-Ouest Café de Trois-Rivières le 19 avril, Avec FullBlood et Barabbas-30.

AJOUT: Ils seront aussi au Divan Orange le 23 avril! Yeah!

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Mimi VanDerGlow: Rock 101 (paru dans Voir Mauricie le 16 juillet 2009)

Le groupe trifluvien Mimi VanDerGlow aime son rock fort, senti, et surtout, en français

C’était un dimanche en début de soirée, à la toute fin du dernier FestiVoix. Au parc des Ursulines, divers artistes de la relève participaient au Plus beau Rythme de la Mauricie, un concours organisé par une station de radio généraliste. Après que quatre ou cinq petites chanteuses proprettes se furent exécutées, quatre jeunes hommes échevelés ont envahi la scène et ont fait gronder leurs guitares, basse et batterie. Méchant contraste!

Qui plus est, en cette année où tous cherchent à attiser le sentiment de fierté chez les habitants de Trois-Rivières, les gars de Mimi VanDerGlow ont interprété Soleils de la rive sud, une critique plutôt virulente de “cette ville qui a déjà brûlé et brûle encore une fois de temps en temps”, où “tout le monde se trouve beau, se donne des tapes dans le dos”. Pas surprenant que le jury, qui était composé de notables du milieu culturel trifluvien, ne semble pas avoir apprécié! “On n’avait pas beaucoup de chances de gagner, étant donné qu’on détonnait de façon assez majeure”, concède en riant le chanteur-guitariste Carl Hébert.

INTENSITÉ ET INTÉGRITÉ

Complété par les frères David (à la guitare) et Richard Gaudet (à la batterie) ainsi que par le bassiste Canyon Pascal, Mimi VanDerGlow roule sa bosse depuis 2004, multipliant les spectacles autant en Mauricie que dans le reste du Québec. Le groupe a notamment participé au concours montréalais Les Francouvertes en 2008, où il s’est rendu jusqu’en demi-finale. Les Mimi ont aussi souvent joué en première partie d’artistes disparates, se montrant capables de séduire autant le public de Xavier Caféïne que celui de Steve Hill.

“Je pense que c’est parce qu’on n’est pas juste la saveur du mois, avance Carl. On a travaillé pour avoir de bonnes chansons et un bon show live. On essaie tout le temps de donner tout ce dont on est capables au public. Il y en a qui reprochent à David d’être plus métal et de se faire aller les cheveux quand il joue, mais je trouve que ça nous distingue, cette énergie-là. On ne le mettra pas dehors pour le remplacer par un guitariste qui a une coupe emo et qui joue en regardant ses souliers!”

Le groupe met par ailleurs de l’avant un rock intemporel, avec “des paroles de béton et des riffs de feu”, et tout cela en français, madame! Ce dernier point est une question de principes pour Mimi VanDerGlow, qui s’est donné pour mission de redorer le blason du rock francophone, pas mal malmené dernièrement, alors que nombre de jeunes musiciens adoptent l’anglais en espérant devenir les prochains Simple Plan ou Pascale Picard Band.

“C’est une espèce d’effet de mimétisme, les groupes qui veulent chanter en anglais et faire comme ce qu’ils ont vu à la télé. Mais si au départ tu n’as pas d’âme, tu n’as pas de personnalité, ça va toujours n’être que du flafla”, estime Pascal. “Ce n’est pas qu’on n’a pas le droit de chanter en anglais, nuance Carl, mais dans notre cas, on veut être capables de faire du rock qui nous ressemble, et la seule façon de faire ça, c’est en français.”

ALBUM CONCEPT

En février dernier, après une longue période de gestation, Mimi VanDerGlow faisait paraîtreRadawr, un premier album autoproduit qui a été enregistré et “masterisé” par Sébastien Cloutier au Studio Newton. En vente en ligne sur des sites tels que CD Baby et iTunes, c’est toutefois surtout lors des shows du groupe que le disque trouve preneur. “Au début, se rappelle Pascal, c’étaient nos amis qui achetaient l’album, mais à force de faire des spectacles, il y a de plus en plus de gens qui ne nous connaissent pas qui achètent l’album. C’est encourageant. Tranquillement, on rentre dans notre argent, puis quand tout va être payé, on va en faire un autre!”

Radawr est en quelque sorte un album concept, dont le thème sous-jacent trouve racine dans le nom même de la formation, qui l’a emprunté à une mythique tenancière de bordel de la région. “Trois-Rivières, dans les années 1940, c’était le bordel du Québec, raconte Pascal. Puis il y a un bonhomme de mon village qui a tout abandonné pour cette tenancière-là, il a tout perdu à force de la vouloir…”

Carl poursuit: “Mimi VanDerGlow, c’est tout ce que tu veux mais qui n’est pas bon pour toi, que ce soit le sexe, la drogue ou l’alcool. Quand je suis rentré à l’université, je suis parti sur des grosses virées de brosses, de baises et toute la patente. Ça c’est pas mal le début de l’album, qui commence avec Quatre PattesTu sais et d’autres tounes qui sont très “sexuées”. Suite à ça, un bon moment donné tu dégèles et là, les conséquences entrent en ligne de compte et t’as des chansons comme Hitler en chocolat et Les Profanateurs, qui représentent les moments où t’es à jeun et que tu te dis: “Mon Dieu, c’est quoi ce bordel!”

“Et ça finit avec Des arpents de feu, qui est la conséquence ultime de tout ça: j’ai foutu une fille enceinte puis elle s’est fait avorter. J’ai écrit une toune là-dessus parce que je trouvais que les gars n’étaient jamais représentés là-dedans. Souvent, après coup, tu te fais dire que ce n’est pas toi qui l’as vécu, l’avortement, mais ce n’est pas vrai, t’es là pareil, tu le vis en couple et c’estrough. C’est un peu ça la fin de l’album… Tu ne peux pas te péter la face pendant 10 ans puis ne jamais payer le prix pour ce que tu as fait.”

Et comment la chanson Karting chrétien s’imbrique-t-elle dans ledit concept? “J’en ai aucune idée! avoue Carl. Bizarrement, c’est une des chansons dont je me fais le plus parler parce que le texte est complètement débile! Les chars et la religion, ce sont deux affaires qui ne vont pas ensemble. Quand j’ai composé ça, je me suis dit que le pape, pour attirer plus de fidèles, pourrait se dire: “Ça nous prend un concept marketing, on va investir dans les équipes de karting ou de quoi du genre!”“

Loufoques, salaces, cyniques ou émotionnelles, les paroles des chansons de Mimi VanDerGlow, comme leur musique, sont exactement telles que le groupe les voulait. Ce qui est assurément l’un des avantages de ne pas être redevable à une compagnie de disques ou une équipe de gérance. “On est vraiment un groupe indépendant. On ne fait pas partie d’un gros réseau de distribution, on n’est pas “backés” par Donald K. Donald, on n’est pas chums avec Anik Jean, puis c’est correct de même. Ça revient toujours à l’intégrité. Ça nous ressemble, c’est ce qu’on est”, conclut Pascal.

À écouter si vous aimez /
Caféïne, WD-40, Les Marmottes aplaties

Spring Breakers

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Ça faisait un bon moment que je n’avais pas été aussi excité de voir un film. Pas parce que j’entretiens un culte auteuriste pour Harmony Korine. En toute honnêteté, j’étais avant tout attiré par les personnages de jeunes femmes en bikinis faisant le party.

Après tout, le cinéma ne se doit pas toujours d’être sérieux et important, il y a une place pour le plaisir coupable, aussi. Ce qu’on retrouve en masse dans Spring Breakers, une oeuvre qui a par ailleurs quand même quelque chose à dire si on prend la peine de l’écouter. 

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Avec son portrait imperturbable de la recherche du rêve américain à son plus agressivement superficiel, le film s’apparente parfois à une version 21ième siècle d’Easy Rider (avec des scooters!), ou à quelque chose comme Scarface s’il avait été réalisé par Terrence Malick et si on y retrouvait autant de seins nus que de fusils. 

Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson et Rachel Korine interprète quatre collégiennes dans la vingtaine qui font le périple jusqu’en Floride pendant leur semaine de relâche scolaire (le fameux “spring break”) pour se farcir une bonne dose de sexe, drogue et dubstep. Elles se mettent bien vite dans le trouble à répétition, en grande partie suite à leur rencontre avec un gangsta rapper surnommé Alien, joué avec une délicieuse arrogance salace par James Franco.

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Quelque part entre le vidéoclip et le cinéma expérimental, Spring Breakers adopte un style impressionniste et quasi non-narratif. Débordant d’images stimulantes et d’effets de montage hallucinants, en plus d’une musique atomosphérique très évocatrice de Cliff Martinez, le film capture de façon créative les moeurs d’une génération friande de plaisirs éphémères, dont le mode de vie YOLO (“You only live once”) est ici poussé jusqu’à l’extrême.

Certainement un des meilleurs films de 2013.

Valentine - Ingrid St-Pierre


Un superbe vidéoclip rétro-kitsch d’inspiration Wes Anderson, une réalisation de Sébastien Gagné